Afin d’apporter davantage de matière à la réflexion, et compte tenu des mails que vous m’avez adressés, je vous communique cet extrait concernant L’Hermite publié dans un précédent article consacré à Pluton.

[…] Observons-le attentivement. L’Hermite est en correspondance avec Saturne et Pluton. Pourquoi ? Parce que cet arcane marque la quête incessante, la nécessité impérieuse du dévoilement et son rapport au temps en tant que composé d’énergie et de tension. Cette cape marine dont est vêtu l’Hermite nous renvoie à notre propre nuit mentale. Un pan d’étoffe s’écarte — ouverture vers l’or — et nous rappelle que le Grand Œuvre, donnant naissance à l’Adepte, repose sur la précision du geste et de l’orientation. Cette lanterne, à hauteur d’yeux, donne à voir ce que la vue ordinaire interdit. Mais elle semble reposer comme dans un équilibre suspendu, la courbure de la main formant l’arche du départ. Cet équilibre suspendu invite au dépassement, mais à la mesure du chemin parcouru. Chaque étape implique impérativement un niveau d’intégration, de conscience en l’absence desquels toute avancée serait pure illusion. Ce cheminement sous cape impose à l’esprit une mobilité inverse à sa volonté initiale, et l’entraîne à devoir se redéfinir sans cesse. De cette « rotation mentale », la notion de l’acquis devient obsolète, car, grâce à cette impulsion de dégagement, s’ouvre la brèche par laquelle s’infiltre ce que nous sommes en devenir (Ce que l’on dit de mon « je suis » éclate sur le vif car l’immédiateté de mon échappée mentale laisse sur place une enveloppe charnelle qui n’est plus mienne). Sous cette cape marine s’écoule le rouge qui se nourrit du feu. Comme le soulignait André Breton dans La lampe dans l’horloge (Éditions Robert Marin – 1948) : « […] Moralement où le feu n’est plus, rien n’est plus et l’on ne saurait confondre avec le feu les braises défaillantes avec lesquelles certains se chauffent » Ce feu tient le rôle de purificateur, d’éveilleur et ranime la flamme de la soudaineté par laquelle se manifeste le flux de l’intuition, étincelle aurifère dans la nuit de l’esprit. Mais, là aussi, prudence sur le jeu du feu car la règle à suivre n’a pas de sentier(s) défini(s) par avance puisqu’il(s) se déroule(nt) à mesure que la foulée de l’esprit naît à elle-même dans l’immédiateté de l’instant. Nous invitant ainsi au discernement, à la vigilance…

Arc bandé à hauteur du sommet
la verticale d’absence fend la croisée des
parallèles.
Les “possibles” s’épousent, s’engendrent et
s’éloignent, selon…
C’est la pierre brisée de la mémoire
— Point d’orgue —
C’est le silence sur la jetée du hasard
— Soupir —
C’est le coup de dés de Mallarmé
qui s’abolit dans la marge de l’inachevé.
C’est la solitude que conjugue le présent
Le futur -presque parfait- reste l’affaire du Voir

Fabrice Pascaud