Le tarot de l’art d’aimer : Le Pendu

Le Tarot de l'art d'aimer : L'Hermite

Support divinatoire pour certains, miroir psychologique pour d’autres, le Tarot s’adresse avant tout à notre monde intérieur, à cette partie secrète qui attend qu’on lève son voile pour nous donner à voir et à comprendre notre présence au monde. Vingt-deux arcanes majeurs qu’il faut considérer comme un livre initiatique auquel il manque la reliure.

Cette reliure c’est à chacun de nous de la créer en fonction de notre parcours individuel et spirituel, car le tarot est avant tout un chemin initiatique qui s’ouvre par l’arcane I Le Bateleur jusqu’au Mat (l’arcane sans nombre). Et il ne saurait y avoir de chemin initiatique sans amour qu’il soit à la fois charnel et spirituel. Sur le plan de l’incarnation terrestre, l’amour a besoin de s’incarner dans une âme, un esprit et un corps. C’est pourquoi « Le tarot de l’art d’aimer » abordera essentiellement chaque lame sous cet éclairage, celui des sentiments et de l’amour. Nous découvrirons ainsi du premier au dernier arcane comment celui-ci vit sa passion amoureuse.

 

 Le Pendu - Arcane XII

 

 

PRÉSENTATION

Avec l’arcane XII — Le Pendu —, nous abordons la seconde étape du Tarot. Tout d’abord, ce n’est pas seulement le personnage qui est renversé mais l’ensemble du paysage avec lui. De fait, c’est la vision des choses, les perspectives qui s’inversent. Par cette position, le personnage se place entre deux mondes, deux dimensions, le ciel et la terre, sans pour autant opérer un choix définitif pour l’un ou pour l’autre. Dans cette posture, le sang descend à la tête et le sang est analogiquement associé au feu. Le Pendu vit les choses en totale conscience.

Le Pendu rappelle que nous ne sommes pas encore totalement libérés de certaines attaches qu’elles soient affectives, matérielles, intellectuelles ou tout autre forme de conditionnement. Ces liens ralentissent pour ne pas dire handicapent notre évolution. Le fait d’être pendu par le pied (le talon) sous-entend l’idée de sacrifice, de difficulté, de dénuement, de dépendance vis-à-vis de tout ce qui nous entoure. Un processus de lenteur, de maturation s’impose.

Pourtant, ce personnage, malgré l’inconfort que provoque sa position, s’abandonne avec sérénité à sa condition. Sa jambe droite repliée derrière la gauche et ses mains derrière son dos rappellent le glyphe du Grand Œuvre : un triangle pointe en bas surmonté d’une croix. Le rouge des jambes et des bras indique l’action et la volonté qui s’exercent intérieurement à des fins de réalisations. Les neuf boutons du plastron cousus sur une bande blanche (couleur de la pureté et de la méditation) font un rappel à l’arcane VIIII l’Hermite pour insister sur la haute valeur du sens accordé à l’intériorisation et à la vision ; il faut que cette dernière soit à la fois intérieure (message de L’Hermite) afin de nous donner accès à l’envers des choses (posture du Pendu). En conclusion, Le Pendu pose cette question : « Êtes-vous prêt à faire le sacrifice de ce en quoi vous avez toujours cru pour accéder à un autre niveau de conscience ? »

 

SA FAÇON D’AIMER

Il ne sait pas très bien ce qu’il désire. Il fait du sur place alors que sa situation exige qu’il fasse un choix. Autant dire que sa vie sentimentale est complexe car il a du mal à formuler les bonnes questions. Souvent attaché à une ancienne relation dont il ne parvient pas ou si mal à se défaire, ce qui rend impossible la création d’une nouvelle union. La mémoire étant l’obstacle à abattre… Ses désirs le tiraillent et ils se laissent mener, balloter par eux. Le plaisir des sens peut prendre aussi le pas sur les sentiments et l’entraîner à vivre des relations instables, insensées quand elles ne sont pas destructrices. Dans sa relation amoureuse, des états d’âme viennent perturber l’harmonie ; après des débuts heureux, celle-ci passera par une période d’instabilité, de mise à l’épreuve des sentiments de chacun. Le Pendu est en fait salutaire pour des relations à caractère intellectuel, spirituel, mais dès que les sentiments s’en mêlent, un manque de réalisme se manifeste.

 

 

PRÉCISION

Nous sommes arrivés à la moitié du chemin depuis L’arcane X – La roue de fortune qui symbolise la fin d’un cycle et l’amorce d’un nouveau. Donc, pour la relation entre Le Pendu et Le Bateleur jusqu’à La Force, lire les études précédentes.

 

 

ET SI LORS D’UN TIRAGE, LA FORCE RENCONTRE :

 

Indication : lorsque j’indique à la droite ou la gauche de tel ou tel arcane, la lecture se fait à partir de l’arcane et non à partir du lecteur. Exemple : à la droite de L’Hermite c’est l’arcane vers lequel se dirigent le regard et la lanterne de L’Hermite. À sa gauche, il lui tourne le dos. Toujours se mettre à la place des arcanes afin de bien épouser leur cheminement.

 

 

ET SI LORS D’UN TIRAGE, LE PENDU RENCONTRE :

 

L’ARCANE SANS NOM : un changement urgent de cap s’impose pour Le Pendu. L’arcane sans nom lui demande de prendre une décision ferme et définitive. Il doit rompre, trancher net s’il veut s’en sortir. Dans le cas contraire, une dévalorisation de soi en découlerait. Cette rencontre est très positive pour Le Pendu car L’Arcane XIII peut le délivrer des entraves, des contraintes qu’il supporte depuis trop longtemps dans sa vie personnelle. L’Arcane sans nom à la droite du Pendu : la prise de décision est imminente, la libération est proche. À sa gauche : encore des hésitations, mais les événements le contraindront à agir. Dans un cas comme dans l’autre, l’état présent ne peut durer…

 

 

LA TEMPÉRANCE : que d’incertitudes ! Ça cogite, cogite mais ça n’avance pas. La prudence de La Tempérance n’est pas faite pour aider Le Pendu à se décider. En revanche, cet arcane lui apporte une sérénité, un calme intérieur qui favorise la réflexion. La passion, la colère se taisent. Le Pendu prend davantage d’assurance, le trouble cède sa place au discernement. En cas de doute sur ses sentiments, Le Pendu va réussir à mieux les définir. La Tempérance à la droite du Pendu : la lucidité s’installe et les perspectives se dégagent peu à peu. À sa gauche : trop pris par ses émotions, Le Pendu se sent perdu. Il lui faut du temps et de la solitude pour faire la part des choses.

 

 

LE DIABLE : Ah ! Le feu des plaisirs. Toucher à ce qui est défendu, Le Pendu se sent attiré par sa part d’ombre qui le hante. Mais saura-t-il rester maître de ses pulsions ? Là est la tentation du Diable. S’il est seul, rien ne l’empêche d’aller jusqu’au bout de ses fantasmes, c’est une expérience qui peut le grandir. Mais s’il est dans une relation, ça se complique singulièrement. Jouer la carte de la transparence n’est pas sans risque non plus… Sur un plan spirituel, cette association nécessite un rééquilibrage des énergies à la fois physiques et psychiques. Le Diable à la droite du Pendu : il s’affronte et se sent apte à lutter contre ses démons intérieurs. À sa gauche : chassez le refoulé et il revient au galop. Une prise de conscience s’impose.

 

 

LA MAISON DIEU : cet arcane qui rencontre Le Pendu peut se traduire par le principe de réalité qui s’impose bon an mal an. Le Pendu n’a pas d’autre alternative que de trouver une solution et vite. Il doit tout régler dans l’urgence et ça ne fait qu’accentuer son angoisse et sa crainte de mal agir. Les événements semblent se précipiter et ne lui laissent que peu de marges de manœuvre. Le Pendu est bel et bien pris par les contingences, le jeu de la réalité. Cela peut marquer la fin brutale d’une relation ou la naissance d’une nouvelle qui le chamboule totalement. Dans un cas comme dans l’autre, il perd pied. La Maison Dieu à sa droite : il essaie tant bien que mal de faire face, de sauver ce qui peut l’être. À sa gauche : c’est la déferlante avec tout son lot d’imprévus.

L’aspect positif de cette association, c’est que Le Pendu se libère volontairement ou involontairement de ce qui le handicape. Mais il y laisse des plumes.

 

 

L’ÉTOILE : après le tumulte de La Maison Dieu, la douceur est la bienvenue. Mais attention car cette rencontre est ambiguë. Le Pendu peut se laisser aller à des rêveries, échafauder des projets tous aussi irréalisables les uns que les autres. Merveilleuse utopie que lui offre L’Étoile ! A contrario, une hyper lucidité prend place et le conduit à prendre des décisions, lesquelles seront heureuses. Cela peut marquer la naissance d’un nouvel amour qui lui donne des ailes et lui remet les pieds sur terre. L’Étoile à sa droite : les perspectives sont heureuses et il en est conscient. À sa gauche : manque de réalisme, il brode. Mais le changement positif n’est que retardé. Ça lui demande davantage d’efforts.

 

 

LA LUNE : c’est la rencontre du langage des émotions, des sentiments, tout est à fleur de peau. Le Pendu se sent inspiré, son intuition n’a jamais été aussi juste, mais il n’a pas la force d’incarner, de concrétiser ses désirs. La Lune ne lui en donne pas les moyens. Il lui faut donc fournir de gros efforts pour sortir de cet état à la fois riche dans ce qu’il recèle et stérile par son indolence, son immobilisme. On est tenté de dire que Le Pendu rêve sa vie au lieu de vivre son rêve. D’où un état confusionnel où plus personne ne sait exactement où elle en est. Ce qui tend à fragiliser la relation. Si naissance d’un nouvel amour, celui-ci est indécis, rien n’est clairement formulé, c’est le non-dit, il faut tout deviner. À droite ou à gauche, c’est l’indécision absolue.

 

 

LE SOLEIL : cet arcane éclaire ou éblouit Le Pendu. Il peut avoir une prise de conscience de son état peu enviable et agir pour clarifier les choses. C’est le stade de l’éclairement, voire de l’éclaircissement. Ou une idée nouvelle, une rencontre inattendue bouleversent l’ordre des choses et il se laisse entraîner dans cette aventure sans en avoir peser le pour et le contre. C’est l’état de l’éblouissement, voire de l’aveuglement. Par conséquent, Le Pendu a tout intérêt à prendre du recul, ne pas voir trop grand sans pour autant assombrir les choses. Pas facile pour lui qui tangue sans cesse entre deux idées, deux émotions, deux amours, etc. Le Soleil à sa droite : il fonce, il est impatient, avec tous les risques que cela sous-tend. À sa gauche : il s’accorde du temps pour ne pas retomber dans les mêmes travers. Il mûrit…

 

 

LE JUGEMENT : la volonté d’« en-haut » se penche sur Le Pendu. C’est un passage déterminant pour lui. Soit il est apte à accueillir et apprécier à sa juste valeur ce que la vie lui offre, soit il passe à côté et il s’inscrit dans un sillage qui ressemble à ce que d’aucuns nomment la fatalité. Autrement dit, il prend son destin à bras le corps ou il le subit et va selon les aléas de son existence. Cette association indique également la fin d’une situation (juridique, administrative) que Le Pendu traîne depuis longtemps. Le verdict tombe… Le Jugement annonce aussi la rencontre amoureuse susceptible de transformer sa vie. Le Jugement à sa droite : il se recentre et se libère de ses œillères. À sa gauche : il compte trop sur la providence. A-t-il raison ? Avec Le Jugement, c’est possible. Mais quand ?

 

 

LE MONDE : rencontre qui a le pouvoir de tout remettre dans l’ordre. Le Monde vient en soutien et Le Pendu voit sa situation se renverser positivement et progressivement. Mais ce changement demande de l’exigence, de la constance, ce que Le Pendu ne possède pas. Il doit donc se prendre en main et rectifier son comportement, ses habitudes, etc. Le Monde lui enseigne que l’on n’a rien sans rien. Cette association annonce une belle transformation de vie, des satisfactions qu’elles soient matérielles, spirituelles, sentimentales. Le Pendu voit son horizon se dégager pour laisser place à plus de lumières, de chaleur. Le Monde à sa droite : un voyage plus ou moins lointain peut lui apporter beaucoup. A sa gauche : son intuition est bonne et il suit sa voix intérieure.

 

LE MAT : cette association parle du lâcher-prise. Le Mat demande au Pendu de ne plus livrer bataille de façon désordonnée. Il lui propose de regrouper ses énergies et de faire le point sur ses forces et sur ses faiblesses. Cette association indique l’aide d’une intervention extérieure, voire « supérieure ». Le Pendu est invité à se mettre à sa propre écoute, suivre sa petite voix intérieure. Comme le dit l’adage : c’est lorsque le disciple est prêt que le maître se manifeste. Le Pendu a donc devant lui toutes les chances pour se réaliser socialement et/ou sentimentalement. Pour cela, il devra se remettre en question sur de nombreux points qu’il considère pour acquis. Le Mat à sa droite : Le Pendu ne peut tout réaliser seul, il a besoin d’appuis, de conseils. À sa gauche : c’est le contraire, il compte trop sur ses propres forces. D’où des égarements passagers.

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