Cet article est une réflexion flottante, en vrac, sur les incidences, les effets, du futur transit de Pluton en Verseau. Ce ne sont là que des réflexions jetées de-ci de-là, portées par le symbole sans retenue aucune. D’où aussi sa longueur. Comme date la plus proche de l’entrée de Pluton en Verseau, il faut remonter au 2/12/1778. À plus de deux siècles d’écart, je ne me suis pas plongé dans ces années charnières fin du 18e et début du 19e siècle, de l’eau a coulé sous les ponts depuis comme dit l’adage. J’ai préféré opter pour l’hypothétique, le vent de l’éventuel.

Ce que nous raconte le mythe

Lorsque les trois fils de Saturne : Jupiter, Neptune et Pluton se partagèrent l’univers, le ciel fut confié à Jupiter, l’océan à Neptune et le monde souterrain, le Tartare, à Pluton. Pluton devint ainsi le gardien du royaume des morts, du monde invisible renforcé par un casque en peau de chien que lui donnèrent les Cyclopes lors de la guerre contre les Titans. Ce casque lui conférant le don d’invisibilité exprime les multiples strates des forces obscures autrement dit des puissances de l’inconscient. Cette invisibilité pleinement assumée dans le mythe s’est matérialisée dans le champ du réel par une désincarnation du fait que les hommes ne vouèrent aucun culte à Pluton, allant jusqu’à user d’euphémisme lorsqu’ils devaient l’évoquer. Ce non-dit a engendré un renforcement du refoulé par le déni de lui faire face dans le jeu sacré du rite qui a pour fonction de maintenir le lien entre l’en haut et l’en bas, c’est-à-dire harmoniser les puissances rationnelles et irrationnelles de la psyché. Par ce mécanisme de négation et de refoulement, les puissances de Thanatos gardèrent intact leur état primitif se mettant du coup en parfaite analogie avec le mythe de Pluton. De là, ces éruptions morbides, ces réactions destructrices incontrôlées, manifestations d’un irrationnel négatif car non intégré dans le champ du conscient, d’aucuns diraient non conscientisés. De là aussi ces adhésions aveugles aux thèses apocalyptiques les plus insensées. Dans ce registre, la psyché est sans limites.

De Faust au Golem

On associe souvent et à juste titre Faust à Pluton. En l’état actuel des connaissances scientifiques et des possibles qu’elles augurent, le mythe du Golem peut aussi nous apporter un éclairage intéressant. Comme tous les mythes, celui du Golem a différentes approches et interprétations. Nous nous en tiendrons à celle de la tradition cabaliste. Conçu à partir de l’argile rouge, le Golem a, au commencement, la taille d’un enfant. Le cabaliste inscrit sur le front du Golem le mot emet qui signifie en hébreu : vérité. Le Golem devint aussitôt doué de mouvements, de sensibilité, de vie et se meut en esclave docile. Mais sa croissance est spectaculaire et illimitée, il prend de plus en plus de force et d’autonomie ! La seule solution pour stopper cette croissance susceptible de le rendre incontrôlable et par conséquent dangereux pour l’humanité, est de retirer le alef, la première lettre du mot emet pour obtenir le mot met qui signifie mort en hébreu et ainsi anéantir la créature.

Que faut-il comprendre ? L’homme veut se substituer à Dieu en créant lui-même la vie, cherchant ainsi à destituer de sa fonction son père Saturne, le maître du temps et du destin. Mais cette créature réengendre à nouveau le mythe par le complexe du pouvoir, de la rivalité et ainsi de l’anéantissement en devenant une menace pour l’homme, son créateur. Une seule solution pour l’homme afin de préserver son espèce : détruire son prolongement, sa propre créature qui lui octroyait une place équivalente à celle de dieu, faisant de la sorte appel aux puissances expiatoires de Pluton, gardien des grands mystères dans la Tradition. Autrement dit, la conjuration du fatum par la mort pour ne pas sombrer dans les ténèbres de plomb.

En plaquant le mythe sur le champ du réel, comment envisager, interpréter la future entrée de Pluton en Verseau ?

Pluton fera ses premières foulées en Verseau le 23/03/2023. Puis après différentes rétrogradations, il y entrera définitivement le 19/11/2024 et le quittera le 9/3/2043 pour entrer en Poissons. Dix-neuf ans, une adolescence qui entame sa majorité. Je dis « adolescence », car Uranus qui aura maîtrise sur Pluton sera en Gémeaux (signe de l’adolescence) du 26/4/2026 au 22/5/2033 (entrée définitive en Cancer). Ne jamais perdre de vue le rôle fondamental des maîtrises sans lesquelles la dynamique astrologique n’existerait pas. (L’interaction s’établit par le jeu des maîtrises sans oublier les aspects, bien entendu.)

Sac à idées

Pluton c’est donc notre part d’ombre dans laquelle se trament des forces non maîtrisées et qui s’orchestrent d’elles-mêmes selon le rythme de puissances pulsionnelles. Nous sommes le jouet de ces pulsions tant que nous n’avons pas pris conscience de celles-ci, de leur force et de leurs implications dans notre vie. Pluton/Hadès règne en maître dans l’informulé et plus l’obscure s’enténèbre plus sa puissance croît. D’où sa symbolique liée à l’inconscient et de l’importance de la connaissance de soi pour parvenir à élucider cette part qui se joue de la lumière. Cette dernière se rattache au feu, à tout ce qui éclaire, réchauffe et brûle. Ainsi, Pluton en Verseau sera sous la gouverne d’Uranus/Ouranos, dieu du ciel, symboliquement lié au feu, à l’élancement, à l’ascension, à l’éruption, à l’inconnu, la découverte… Autant dire qu’il sera dans un espace qui n’est pas le sien, peu en affinité avec sa nature profonde qui est celle du secret et de l’invisibilité bien enfouis dans les entrailles de la Terre. Mais ne perdons jamais de vue que Pluton c’est aussi les puissances de régénérations indispensables à toute évolution — Tout ce qui ne se régénère pas dégénère a dit Edgar Morin né sous une conjonction Soleil Mercure Mars Pluton en Cancer. On pourrait presque faire un parallèle avec la matière première alchimique à partir de laquelle peut s’opérer la transmutation, c’est-à-dire passer du vil au précieux.

Science, médecine

Le domaine médical va connaître des avancées remarquables. Pluton sera aux services (aux ordres !) de la haute technologie propre à Uranus, il devra s’y adapter sans pour autant abandonner ce qui lui est propre : la mort, les lourdes pathologies, etc. Par exemple, la recherche concernant le cancer va progresser et peut-être arrivera-t-elle à mieux cerner, isoler la cellule cancéreuse, mieux en comprendre les mécanismes profonds qui demeurent encore mystérieux en l’état actuel des connaissances (le multifactoriel qui dit tout et rien à la fois). De là, des traitements mieux ciblés donc plus efficaces. Ces découvertes pourraient avoir des répercussions positives sur le SIDA et les maladies génétiques lesquelles relèvent aussi du registre symbolique de Pluton.
Disons que les pathologies sournoises aux développements sourds seront sous le contrôle d’Uranus dont la devise est de mettre en lumière, aller de l’avant, se libérer de ce qui entrave… Sans oublier l’évolution fulgurante de la chirurgie : opérations de plus en plus précises, faites à distance à l’aide d’une robotique de pointe. Radiographies de plus en plus élaborées (scanner, IRM…), décryptées à l’aide d’algorithmes plus rapides et précis que l’œil humain, mais le diagnostic et le traitement resteront le terrain de la part humaine. La robotique dans son exercice positif car il y aura son pendant critique, mais c’est un autre sujet.

Arrêtons-nous un instant sur Neptune qui sera en Bélier au sextile de Pluton et d’Uranus. Le Bélier symbolise la tête. Les soins liés aux maladies dites dégénératives, cognitives feront sans doute un bon en avant. Peut-on espérer des traitements pour guérir ou à tout le moins atténuer de façon sensible des maladies telles que Parkinson, Alzheimer ? Neptune symbolisant ce monde intérieur, océanique sans aucune prise sur la matière, le réel. Ce monde opaque du repli sur soi dans lequel se réfugient les êtres touchés par ces « nébuleuses et déliquescentes » maladies.

Pour conclure sur ce thème, on ne peut passer sous silence le transhumanisme dont l’objectif est de s’attaquer à la vieillesse, la maladie et la mort pour atteindre l’immortalité ! Projet fou de savants fous, nous sommes bien là dans le mythe du Golem ou du docteur Frankenstein. L’hybridation de l’homme et du robot…

Nul doute que les dix-neuf années de la traversée de Pluton en Verseau réserveront bien des surprises dans le domaine médical.

Du côté de la psyché

Le monde de l’inconscient et de tout ce qui se rattache à la psyché sera aussi à suivre de près. À l’heure où certains chercheurs en neurosciences parlent de la conscience délocalisée. Le siège de la conscience ne serait pas le cerveau, mais « ailleurs », en marge dans un « cloud (?) » ; nous sommes bien là dans un rapport Uranus/Verseau/Pluton. Ainsi, de l’inconscient nous basculons vers le conscient. En effet, qu’est-ce que le conscient et être conscient ? Si l’inconscient a fait l’objet de longues et profondes investigations depuis l’avènement de la psychanalyse, le conscient quant à lui est resté totalement en marge, comme si cela allait de soi. Les théories psychanalytiques devront vraisemblablement être revues de fond en comble. Eh oui ! l’homme du 21e siècle n’a plus rien à voir avec celui du 19e. Quel complexe d’Œdipe dans les familles homoparentales ? À ce propos, Sigmund Freud est né sous une conjonction Jupiter Neptune Poissons or cette conjonction dans le même signe se reformera en 2022 en conjonction de celle de Freud. Peut-on voir dans ce retour du cycle qui remonte à 1856 une refonte totale des théories psychanalytiques ? Un nouvel élan qui prendrait racine à partir d’une revisitation des fondements même de la psychanalyse ? L’avenir nous le dira… car 2022 n’est pas loin.

De plus, si l’on part du principe qu’Uranus serait exalté en Scorpion, le fait que Pluton soit sous sa gouverne renforcerait leurs valeurs intrinsèques. Arriverons-nous à une forme de matérialisme mystique ou une mystique matérialiste ? Une confluence de la science et de la spiritualité ? De l’immanence et de la transcendance ? La science par les outils qui lui sont propres déboucherait et viendrait corroborer les grands textes sacrés.

Les différents domaines de connaissances ne pourront rester isolés les uns des autres, campés sur des certitudes sclérosantes. Le surmoi va-t-il se mettre en veille pour laisser le champ libre vers le soi, si l’on peut se permettre une telle formulation et un tel raccourci ?
L’astrologie, l’art d’Uranie, pourrait ainsi épouser voire se fondre dans un courant large et trouverait sa parfaite légitimité, le lien entre le macrocosme et microcosme. N’entendons-nous pas fréquemment de la bouche de certains journalistes et commentateurs cette expression : les planètes étaient alignées pour signifier que tout était parfaitement en place, synchrones pour que l’événement s’avère. Comme si peu à peu le langage astrologique se frayait un chemin dans la perception et l’analyse de la réalité.

L’approche de l’homme dans sa globalité ne pourra plus en rester au stade des connaissances actuelles, nous allons rentrer dans un nouveau paradigme qui nécessitera de procéder à une critique et autocritique du champ de nos savoirs respectifs. L’homme du XXIe siècle ne vit pas Saturne de la même façon que l’homme du XVIIIe siècle voire du XIXe siècle. Le rapport au temps, à la durée a changé, de nos jours le grand slogan se résume à : toujours plus et plus vite ! Avidité et impatience : le Saturne de la frustration. Il faudra réussir à dépasser ce stade pour accéder à l’expression supérieure de Saturne : sagesse, profondeur, connaissance, la pleine conscience… ouvrant ainsi l’accès aux transsaturniennes dans leur expression la plus haute. Uranus : l’éveil — Neptune : la communion des âmes — Pluton : l’alchimie, la pierre philosophale faite homme. Certes, ce ne sera pas dès 2026 que nous y accéderons, mais rien n’empêche d’y tendre.

Communication

Difficile d’éviter ce secteur, le mot « com » est devenu incontournable. Nous vivons l’époque où les chargés de communication occupent une fonction aussi importante — si ce n’est plus — que les dirigeants ! Qui dirige ? Passons.

Pour rester dans le cadre astrologique, procédons par méthode. Uranus qui aura maîtrise sur Pluton sera dans le signe des Gémeaux. Celui-ci, régi par Mercure, symbolise la mobilité physique et intellectuelle, les liens, les échanges, le souffle, la jeunesse, le verbe, le langage, et les métiers liés à la communication, etc. Uranus sera au trigone de Pluton, par conséquent, le monde des multimédias va vivre une révolution. Nos moyens actuels de communications (internet, réseaux sociaux…) deviendront obsolètes pour laisser place à de nouveaux outils virtuels plus légers, plus rapides, plus fluides pour transporter l’information… tout ce qui relève de l’élément air propre au Gémeaux. Uranus synthétise, nous assisterons à l’association du maximum d’informations concentrées dans un minimum d’espace, l’ensemble totalement dématérialisé, facilement transportable, logé dans l’espace, les airs, là-haut, le ciel (Ouranos), le Cloud (mais c’est déjà le cas, me direz-vous). La fin progressive des logiciels pour une totale dématérialisation sur le web.
Le secteur de l’automobile (Uranus sous la gouverne de Mercure) va vivre un essor de taille par le développement exponentiel de la voiture électrique voire autonome, c’est-à-dire sans chauffeur ! Uranus symbolisant l’autonomie… De là à prétendre par voie d’extension qu’il y aurait une nouvelle conquête spatiale (Uranus Gémeaux) dans une lutte de territoire (Neptune Bélier), à savoir : la mise en place de frontières célestes après les terrestres et pourquoi pas « d’autoroutes célestes », il n’y a pas loin… Une sorte de star wars dans un autre registre.

Revenons sur terre.

Gaïa, la terre

Pluton, c’est aussi la pollution, les déchets, etc. Comment se débarrasser des déchets que cette révolution technologique entrainera inexorablement ? Imaginons un petit malin qui trouverait le moyen de tout stocker non plus dans les entrailles de la terre (le Tartare cher à Pluton) ou dans les profondeurs de l’océan (Neptune), mais dans l’espace (Uranus) ? Toutes ces explorations sur Mars, on peut se demander à quelles fins réelles… Tout est possible quand on pousse la porte de la demeure d’Utopie.

L’écologie sera symbolisée par Neptune/Bélier. Sera-t-elle martiale, despotique, implacable ? Une quête de pureté pouvant conduire à des positions extrêmes, totalitaires… pour le bien de chacun et la préservation de mère Nature. Gare à ce risque de basculement. On peut aussi lire dans ce Neptune/Bélier, un impératif religieux où la parole dite révélée serait la seule et unique à suivre… La conjugaison de Neptune et de Mars par sa maîtrise réclamera une très grande attention pour ne pas verser dans des courants extrémistes soi-disant spirituels.

Sur un autre plan Neptune/Poséidon, dieu de l’océan. L’eau deviendra-t-elle un enjeu à la fois stratégique et économique ? Assisterons-nous à une mainmise de plus en plus forte sur l’eau et à un affrontement des puissances pour en posséder « la propriété » ? Sachant que le cycle Saturne Pluton se reformera en Poissons en février 2054, c’est-à-dire au mi temps de ce siècle…
Le Bélier, signe cardinal marque l’élan et le mythe de la toison d’or. Quelle sera cette nouvelle toison d’or vers laquelle partira l’humanité ? Durant tout le transit de Neptune en Bélier (Neptune y fera son entrée le 30/3/2025 et en sortira le 21/5/2038 pour entrer en Taureau) assisterons-nous une prise de conscience aiguë de la nécessité absolue de sauver Gaïa pour éviter une catastrophe épouvantable ? En effet, à partir de 2038, Neptune passera en Taureau, signe qui est lié à la nature, la terre nourricière, l’agriculture, l’alimentation, bref, tout ce qui a trait à l’oralité. Neptune Taureau pourrait être la promesse de l’entrée dans une ère nouvelle où la nature serait enfin préservée, choyée, osons avancer la formulation : la nature spiritualisée. La foi déplace les montagnes, dit-on, donc, en attendant, rien ne nous interdit de nous mettre en route vers les montagnes pour pouvoir envisager de les déplacer, s’il y a lieu.

La finance, parlons-en !

Pluton c’est la ploutocratie. Ce monde de la finance qui a étendu son pouvoir sur toute la planète telle une pieuvre, silencieusement, sournoisement réduit à « une poignée d’initiés » non dans l’acception traditionnelle du terme. Par l’entremise d’Uranus, on peut s’attendre à ce qu’il procède de lui-même à sa propre révolution, s’adapte très rapidement aux nouveautés technologiques pour maintenir sa puissance. Après le passage d’Uranus en Taureau qui aura, entre autres, dématérialisé l’argent pour passer au tout numérique, la cryptomonnaie, le passage en Gémeaux va finaliser ce système et créer les nouvelles autoroutes virtuelles de la finance. Comment pourrait-il en aller autrement puisque c’est la haute finance qui alimente les recherches ? Charité bien ordonnée commence par soi-même. Le terme capitalisme est devenu désuet, inapproprié pour qualifier cette oligarchie planétaire.
Pour incliner vers une vision positive, ce pouvoir de la finance participera-t-il bon an mal an au progrès collectif ? Vraisemblablement, car il n’aura pas d’autres choix pour maintenir un équilibre nécessaire à sa propre stabilité, ce qui entrerait en résonance avec Pluton/Verseau et les valeurs de fraternités de ce dernier. Bref, l’éternelle alternance, on donne d’une main et l’on reprend de l’autre. Voyons déjà en 2022. Le revenu universel sera certainement au centre du débat politique. Cela apparaitra comme une avancée sociale positive, humaine, mais attention aux limites collatérales qui en découleront.

S’attendre comme certains le prétendent à ce que « ce monde » s’effondre est une douce illusion, car c’est ce monde-là qui précisément orchestre l’effondrement. Ensuite, il ne lui restera plus qu’à composer une nouvelle partition et orchestration. Parmi les futurs chefs d’orchestre, espérons que certains aient une oreille plus fine, sensible, réceptive et réussissent à maintenir, renforcer le lien humain. Il en sera vraisemblablement ainsi.

Liberté, liberté chérie

Comment ne pas conclure sur ce thème ? Quel visage aura la liberté dans ce nouveau paradigme ? Verseau/Uranus : fraternité (Verseau) liberté (Uranus). Avec Pluton comme locataire qui imposera ses diktats, verrons-nous la liberté individuelle totalement sous contrôle pour pallier tout risque de contagions, de contestations voire de révolution sociale, etc. Limitant ainsi le champ des libertés individuelles par une emprise sécuritaire absolue : Le monde des libertés imposées.
Sur un autre plan, le risque de voir se développer la cybercriminalité, le cyberterrorisme. De la brutalité de son passage en Capricorne, la terreur, la menace s’infiltrerait via le paradigme de la haute technologie (Pluton sous la maitrise d’Uranus). D’où par voie de conséquence, le développement d’une cybersécurité qui sous prétexte d’assurer notre protection exercerait un contrôle permanent, Big Brother d’Orwell à la puissance supérieure.

Il faudra se montrer très attentif sur ce point, une fraternité qui marcherait au pas. Neptune (la collectivité) sous la gouverne de Mars, donc, belliqueuse, tranchante et impulsive. Une seule et unique ligne à suivre. N’oublions pas — comme je l’avais déjà mentionné dans un article précédent — la formation du cycle Saturne Neptune le 24/7/2026 à 0° Bélier ! Ce cycle sombre, de basse tonalité, de suffocation, de resserrement symbolisant les laissés pour compte, les infortunés qui par un sursaut de survie se révoltent. Ce n’est pas un hasard si ce cycle a ponctué le marxisme, la révolution d’octobre, etc. L’humanité vivra là un temps de transition fragile, névralgique. Mais Neptune (l’irrationnel, le rêve…) et Saturne (le rationnel, la réalité…) totalement opposés dans leur symbolique peuvent aussi se compléter et s’apporter réciproquement la part manquante. Là aussi tout s’appuiera sur une prise de conscience.

La vigilance sera donc plus que nécessaire pour ne pas verser dans un monde aseptisé ou rien ne devra dépasser, sortir du rang. L’uniformité de la pensée, du comportement pour le bien être de tous. Ce monde de l’homme dit augmenté… mais aux limites plus que circonscrites. Le « restez connecté » désincarné.

Je terminerai par cet extrait de « Leçon inaugurale au Collège de France » de Roland Barthes (Soleil et Mercure du Scorpion au trigone de Pluton en Cancer) : « Si je veux vivre, je dois oublier que mon corps est histori­que, je dois me jeter dans l’illusion que je suis contemporain des jeunes corps présents, et non de mon propre corps passé. Bref, périodiquement je dois renaître, me faire plus jeune que je ne suis. […] J’entreprends de me laisser porter par la force de toute vie vivante : l’oubli. Il est un âge où l’on ensei­gne ce que l’on sait ; mais il en vient aussi un autre où l’on enseigne ce que l’on ne sait pas : cela s’appelle chercher. Vient peut-être maintenant l’âge d’une autre expérience : celle de désapprendre, de laisser travailler le remaniement imprévisible que l’oubli impose à la sédimentation des savoirs, des cultures, des croyances que l’on a traversés. »

Fabrice Pascaud