Tous liés et séparés à la fois par un même destin.
Événement exceptionnel qui invite à la réflexion, à la méditation diraient certains. Astrologiquement parlant et dans le sens du zodiaque, nous voilà assignés à résidence, autrement dit dans la Maison IV (le fond du ciel), celle du cancer et de la Lune : le foyer, la famille, l’habitat, les racines de l’être… En opposition à la Maison X (le milieu du ciel), celle du Capricorne et de Saturne : l’ambition, la réussite sociale, les honneurs, la réputation… Quelle leçon de retour à soi comme une invitation à opérer un zoom arrière afin de mieux considérer ce que le culte de la réussite à tout va peut avoir de fragile, d’incertain, d’aléatoire, de bancal.
Voyez ! un virus agressif et tous aux abris, chez soi. Retour à la matrice car la IV, c’est la maison natale. Et la Lune nous parle des sentiments, du lien affectif qui nous relie à l’autre. La Lune (de composition froide et humide), satellite de la terre, fait le lien entre le ciel et la terre. Sans elle, la terre perdrait la boule, ne tournerait plus rond. En face, la X, maison de la réussite, celle de Saturne (composition sèche et froide) qui se voit, elle, hantée par un cortège planétaire de taille : Jupiter, Saturne, Pluton, la concentration de trois cycles. Comme si ce sur quoi ce monde s’est édifié depuis des années et des années arrivait à son terme (Saturne), sa fin (Pluton). Jupiter entre les deux symbolisant un ordre qui se réifie jusqu’à la fracture.
Et nous, juste en face, dans notre maison IV, nous assistons à ce déclin, car c’est bien de cela qu’il s’agit d’un déclin, les « guénoniens » parleraient de dégénérescence… Nous voyons les structures (Saturne) craquer, l’autorité (Jupiter) étroite d’épaules ne sachant plus à quelle charpente s’accrocher et la terreur, la peur (Pluton) prendre possession du territoire.
Il va sans dire qu’au sortir de « la matrice », beaucoup vont opérer un changement dans leur vie intime (Lune), appréhender la réalité (Saturne) d’une tout autre manière. Une sorte de retour à l’essentiel en somme. Pour le coup, la symbolique de la métamorphose de Pluton trouvera là son expression ascendante.
Mais quand bien même Neptune navigue actuellement dans son signe les Poissons et joue entre autres de ses effets propagateurs (axe VI – XII, c’est-à-dire la santé par opposition au signe de la Vierge), ne versons pas pour autant dans la naïveté ; ne nous berçons pas d’une vision spirituelle béate de la grande révolution des consciences qui nous ferait oublier le choc du réel (est-il nécessaire de rappeler la pensée de Lacan ?).

La fin du confinement.

Misons sur la mi-mai lorsque le Soleil Taureau formera un trigone à la conjonction Jupiter Pluton Capricorne puis Mercure en Gémeaux (signe qui symbolise les voies respiratoires) au trigone de Saturne du Verseau. Vénus, quant à elle, sera toujours dans sa phase de stationnement en Gémeaux et renforcera le Soleil Taureau par maîtrise. Ce sera donc vraisemblablement la sortie progressive de la maison IV, la fin du confinement rigide. Phase de respiration dont il faudra pleinement profiter.


En effet, le 29 juin, Mars s’installe en Bélier, son signe de maîtrise et y demeurera jusqu’au 6/01/2021. Nous entrons là dans la phase chaude pour ne pas dire incendiaire qui connaîtra son point d’incandescence à partir du 10 août lorsqu’il se mettra au carré du trio Jupiter Saturne Pluton Capricorne. Aspect d’une extrême tension. Mars, la guerre, s’attaque à toutes les structures symbolisées par ces trois astres, le pouvoir (Jupiter), l’ordre (Saturne) et Pluton (la terreur, sans oublier la ploutocratie). Ces aspects s’intensifiant au fur et à mesure de la progression de Mars en Bélier. Difficile de ne pas voir se dessiner dans de telles configurations des forces insurrectionnelles, de désordre incontrôlable, la violence sans retenue aucune, etc. S’y exprimeront les conséquences de l’effondrement économique consécutif à la pandémie… Sans omettre les phénomènes d’ordre naturel. Gaïa, la terre se fâche, et elle a grandement son mot à dire. Préparons-nous à une rentrée houleuse et à un automne explosif. Je n’entre pas dans les détails de la crise, pour cela je vous renvoie à l’étude vidéo de décembre 2018 que j’avais faite sur ce thème : Panorama politique 2019 – 2026.

Et après…

L’Europe
L’Europe va sortir de cette crise dans un piteux état, exsangue. Son cycle Jupiter Saturne conjoint à Pluton jouant comme un coup de grâce. Mais le 21/12/2020 le cycle Jupiter Saturne redémarre à 0° du Verseau. Ce renouveau du cycle jouera-t-il comme un second souffle, un nouvel élan vers la refonte d’une nouvelle Europe ? Sous la maîtrise d’Uranus y aurait-il une table rase et une réunification d’États, mais dans une vision plus sélective ? Cette hypothèse est symboliquement plausible.

Le néo-libéralisme
La formation du carré Saturne Verseau à Uranus Taureau marquera le déclin du néo-libéralisme. Saturne et Uranus ont en commun le sec, alternant entre chaud et froid. C’est l’autoritarisme, la politique du plus fort, du plus efficace, pragmatique, l’humain est botté en touche. Donc, il va y avoir de la résistance, le néo-libéralisme ne va pas abdiquer aussi facilement. Il cherchera par tous les moyens à se maintenir.
Uranus Taureau touche tout le milieu bancaire, de la finance (axe II – VIII). On peut donc s’attendre à de grandes surprises, par exemple, une accélération vers une dématérialisation de l’argent, autrement dit une disparition progressive des espèces pour aller vers une régulation drastique de celles-ci. Une ubérisation de nombreux secteurs, le télétravail étant un tremplin en ce sens. Mais ce seront les ultimes tentatives de ce système qui s’effondrera sur ses propres bases. À trop vouloir garder, ne rien vouloir lâcher, on finit inexorablement par tout perdre.
Rappel : La chute du mur de Berlin en 1989 s’est faite sous le cycle en Capricorne. Sans oublier l’opposition dans l’axe Vierge Poissons de 2008 qui marqua la crise des subprimes et les conséquences qui en découlèrent.
Le carré Saturne-Uranus connaîtra trois temps forts les : 17/02/2021 – 14/06/2021 – 24/12/2021.

2022, cycle Jupiter Neptune, l’espoir ?

Au milieu de cet amas de configurations lourdes, sèches, étouffantes, cassantes, le cycle Jupiter Neptune se fraie son chemin avec subtilité, discrétion.
2020, il se formera encore à deux occasions par sextile : 20/7/2020 et 12/10/2020. Le sextile est un aspect de dynamique vénusienne. Reliant Jupiter et Neptune, c’est l’indice que quelque chose se trame en sourdine, ce quelque chose que l’on ne peut dans l’immédiat parfaitement définir, mais il est là, il opère dans l’inconscient collectif. Une chose est sûre, ce cycle nous rattache à l’humain, à sa dimension sacrée (à l’heure du COVID-19, l’on prend conscience de l’extrême fragilité de la condition humaine). Il marque aussi la nature et de fait porte les mouvements écologistes. Il véhicule une utopie, mais selon la formule : l’utopie d’aujourd’hui sera la réalité de demain.
N’oublions pas non plus que ce cycle régit la 5e République. Actuellement, ce cycle reçoit l’opposition d’Uranus. Indice que l’on ne peut plus continuer à gouverner sur ce modèle, il faut là aussi revoir, refonder, rénover, etc. Nous nous dirigeons donc vers une transition de taille pour rester modéré c’est-à-dire, qui sait, vers une 6e République.

Renouveau du cycle


Le 12/04/2022, ce cycle se reforme (conjonction), c’est par conséquent le renouveau. Ce cycle sera d’autant plus marquant qu’il se fera en Poissons, le signe de maîtrise de ces astres. Ces derniers seront donc en pleine expression de leurs moyens.
Ce cycle est symboliquement à l’antipode des valeurs défendues jusqu’à présent : individualisme, argent, réussite sans foi ni loi, exhibitionnisme, etc. Il exprime au contraire le rassemblement autour d’idées communes, le socialisme dans son acception pure et non politicienne. L’humain est au centre de tout (alors que jusqu’à présent, il n’est perçu que comme un instrument de travail, corvéable à souhait et jetable). Pacifique, il favorise donc l’entente, l’écoute et l’ouverture (contrairement à Saturne Uranus, principe de coagulation, de resserrement).
Il apparait donc primordial que nous soyons prêts à accueillir et incarner ce cycle dans son expression la plus haute, et outre le fait qu’il correspond à l’année des élections présidentielles. Mais quelles formes auront ces futures élections ? Il y a fort à parier que le revenu universel sera au cœur du débat. Il est favorable aux valeurs dites de gauche, mais de quelle gauche ? Celle-ci étant elle aussi invisible (je vous renvoie à mon article du 5/09/2014 : PS. Quel avenir ?). Là aussi, une réinvention est à faire.
Nous devons donc nous y préparer.
Oui, il faut s’y préparer car ce cycle a aussi son versant sombre et pas des moindres : idéologies fumeuses, fanatisme religieux ou autres, prophètes qui se multiplient comme les grains de sable pour paraphrase la Bible. Manipulations en tous genres, incapacité à construire, à incarner quoi que ce soit, tout reste à l’état virtuel. Mouvement de masse, déplacement de population, etc. Par conséquent, un surcroît de discernement sera plus que nécessaire.
Mais ce cycle symbolise tous les possibles merveilleux dont l’humanité est porteuse. Dire qu’il convient de « spiritualiser » notre propre vie n’est pas un moindre mot sous ce cycle, il prend tout son sens.
En 1856, la fois précédente où ces deux astres se sont retrouvés en Poissons, ils formaient un semi-carré à Pluton, donc, le cycle était entaché, larvé. En 2022, ce ne sera pas le cas.
Certes, je suis né sous un sextile Jupiter Neptune auquel s’ajoutent Mercure, Vénus et Pluton en harmonique. Aussi, est-ce sans doute pour cela que j’accorde tant d’importance et fonde tant d’espoir en ce cycle, il joue par résonance en moi. Mais je persiste à y croire.

Fabrice Pascaud