Le tarot de l’art d’aimer : Le Diable

TAROT

Support divinatoire pour certains, miroir psychologique pour d’autres, le Tarot s’adresse avant tout à notre monde intérieur, à cette partie secrète qui attend qu’on lève son voile pour nous donner à voir et à comprendre notre présence au monde. Vingt-deux arcanes majeurs qu’il faut considérer comme un livre initiatique auquel il manque la reliure.

Cette reliure c’est à chacun de nous de la créer en fonction de notre parcours individuel et spirituel, car le tarot est avant tout un chemin initiatique qui s’ouvre par l’arcane I Le Bateleur jusqu’au Mat (l’arcane sans nombre). Et il ne saurait y avoir de chemin initiatique sans amour qu’il soit à la fois charnel et spirituel. Sur le plan de l’incarnation terrestre, l’amour a besoin de s’incarner dans une âme, un esprit et un corps. C’est pourquoi « Le tarot de l’art d’aimer » abordera essentiellement chaque lame sous cet éclairage, celui des sentiments et de l’amour. Nous découvrirons ainsi du premier au dernier arcane comment celui-ci vit sa passion amoureuse.

 

Arcane XV : Le Diable

 

PRÉSENTATION

Avec cette lame, nous allons explorer le domaine du plaisir des sens et du pouvoir. La lame XV est charnelle, elle est la première à nous parler de la sexualité. Elle révèle sa polarité à la fois masculine et féminine. Le personnage central, Le Diable, est sexué, il possède une poitrine de femme et un sexe d’homme moulé sous son collant bleu, ce qui, au premier abord, en fait un hermaphrodite. L’hermaphrodite marque la présence réelle des deux sexes sur le plan physique alors que l’androgyne se place sur le plan symbolique et en exprime la manifestation. Il crée la fusion du masculin et du féminin, la quintessence.

Pourquoi nous confronte-t-il aussi directement à la sexualité ? Dans toutes les pratiques de l’occultisme, l’énergie sexuelle est l’une des plus puissantes. Cette énergie peut être spiritualisée, et devenir une source de régénération et un moyen d’atteindre d’autre état de conscience. De fait, Le Diable nous place devant cette alternative : le physique (hermaphrodisme) ou le spirituel (androgyne). Le Diable nous confronte à la notion de dépassement, de transcendance.

La Tempérance nous met en garde contre les pouvoirs, Le Diable nous les propose, nous les transmets mais en nous montrant l’envers du miroir, c’est-à-dire les dangers que cela sous-tend. Quel(s) danger(s) ? Tomber sous le jeu des pouvoirs et toucher le point de non-retour. Paradoxalement, il appelle donc à plus de Conscience.

 

 

 SA FAÇON D’AIMER

Le Diable tend à mêler les genres sur le terrain des sentiments. Il peut jouer sur deux tableaux, user de son charme pour parvenir à ses fins. D’où un certain trouble constant dans sa vie privée… Il devra veiller à ne pas affirmer sa puissance en affichant des signes extérieurs de richesse. L’amour ne s’achète pas, c’est la leçon qu’il doit apprendre s’il ne veut pas essuyer d’échecs cuisants. La sensualité et la puissance sexuelle sont généralement excellentes et servent parfois à placer l’autre sous son emprise. Il peut s’ensuivre un type de relation sado masochiste, mais lequel domine l’autre, là est toute la question…

Le Diable n’est pas l’annonce de l’abstinence, c’est plutôt le contraire. Il est plus physique que sentimental, en somme.

 

 

ET SI LORS D’UN TIRAGE, LE DIABLE RENCONTRE :

 

PRÉCISION

Nous sommes arrivés à la moitié du chemin depuis L’arcane X – La roue de fortune qui symbolise la fin d’un cycle et l’amorce d’un nouveau. Donc, pour la relation entre La Diable et Le Bateleur jusqu’à La Tempérance, lire les études précédentes.

 

 

Indication : lorsque j’indique à la droite ou la gauche de tel ou tel arcane, la lecture se fait à partir de l’arcane et non à partir du lecteur. Exemple : à la droite de L’Hermite c’est l’arcane vers lequel se dirigent le regard et la lanterne de L’Hermite. À sa gauche, il lui tourne le dos.

Toujours se mettre à la place des arcanes afin de bien épouser leur cheminement.

 

 

LA MAISON DIEU : l’indice de la passion. Ces deux arcanes ont en commun une puissance physique mais surtout psychique qui demande à être maîtrisée, bien canalisée. Évoquer l’éveil de la kundalini lorsque La Maison Dieu se présente au Diable est loin d’être incohérent, bien au contraire. L’énergie sexuelle est forte et tend à prendre le pas sur la raison si un travail sur soi n’est pas engagé. Cela dit, tout dépend de la situation des intéressés et de leur objectif. La notion de plaisir pour le plaisir appartient aussi à ces deux lames. Le refoulement du plaisir conduit à des frustrations qui ne sont jamais sans conséquence… La lame XVI à droite ou à gauche du Diable garde les mêmes vertus. Avec cependant cette nuance, à sa droite Le Diable perd de sa gouverne, les voies de la transcendance sont donc ainsi plus atteignables.

 

L’ÉTOILE : après le tumulte du précédent arcane arrive maintenant de la douceur. L’Étoile vient apaiser l’ardeur du Diable. Mais cette rencontre n’est pas sans risque pour l’arcane XVII. Celle-ci doit veiller à ne pas succomber à la fascination qu’exerce Le Diable. Dans une relation, c’est l’indice d’un bel équilibre mais qui demande une grande vigilance. Trop de retenue du côté de L’Étoile peut bloquer la relation, trop d’ardeur du côté du Diable peut chambouler l’harmonie. C’est aussi l’expression d’une maîtrise psychique supérieure dans le cadre d’une initiation. L’Etoile à la droite du Diable : l’équilibre est installé, le juste milieu selon le tao. À sa gauche : tout est possible, rien n’est perdu rien n’est acquis.

 

LA LUNE : les forces telluriques manquent singulièrement à ces deux arcanes. La rencontre de La Lune provoque de profondes perturbations émotionnelles chez Le Diable. Ce dernier n’est pas à son aise dans le registre des sentiments, des émotions, de la sensibilité pure. De son côté, La Lune peut se sentir envahie, comme possédée par la puissance du Diable. L’un et l’autre n’ont pas de racines d’où le danger de grandes désillusions, ils transforment la réalité pour ne pas avoir à l’affronter. Cela donne une relation irrationnelle, karmique, chacun est dépendant de l’autre sans en comprendre les mécanismes profonds. La nuit de l’amour. Risque de grossesse inattendue, problèmes gynécologiques… La Lune à la droite du Diable : les sentiments prennent le pas, Le Diable s’abandonne. À sa droite : c’est la fuite, on s’invente une relation qui n’existe pas, le monde des fantasmes.

 

LE SOLEIL : c’est une splendide rencontre, une promesse sur l’avenir. Tout dépend où en sont les intéressés. Le Diable en compagnie du Soleil, c’est l’hyper conscience, la lucidité pour ne pas dire l’extra lucidité. L’un se nourrit à la source énergétique de l’autre. Mais ce peut être aussi une opposition de taille pour ne pas dire d’une grande violence. Chacun cherche à prendre l’ascendant sur l’autre et ne recule devant rien pour assouvir ce désir. Les deux cultivent un narcissisme extrême. Sur un plan initiatique, c’est la quête d’harmonie entre les forces ouraniennes et chtoniennes. On tend à les équilibrer par une conscience suraiguë. La méditation pleine conscience à avoir avec ces deux lames. Le Soleil à la droite du Diable : un accord est possible, une sorte d’union des contraires. À sa gauche : un combat s’engage dont l’issue reste incertaine.

 

LE JUGEMENT : prise de conscience. Remords. C’est un peu l’heure du bilan pour Le Diable lorsque Le Jugement frappe à sa porte. Selon son histoire, ses arriérés, il s’en sortira avec plus ou moins de difficultés, de poids sur l’estomac. Dans une relation, l’un et l’autre se mettent dans la balance et pèsent le pour et le contre. C’est à ce prix que la relation prendra un nouvel essor. Dans le cas contraire, Le Diable se présentera de nouveau avec son lot d’inquiétudes et de troubles. Phase critique où l’auto critique est salutaire… Sur un autre plan, des soucis d’ordre pécuniaire, héritage compliqué, affaires occultes qui percent au grand jour, etc. La lumière se fait… Le Jugement à la gauche du Diable : soucis d’ordre familial à régler au plus vite. À sa droite : tout rentre dans l’ordre, bon an mal an. À chacun revient la tâche de se positionner.

 

LE MONDE : le bel accomplissement. La route fut longue mais elle en valait la peine, les efforts ne sont pas vains. Ces deux arcanes expriment une grande satisfaction et peu importe le domaine. Dans la relation, les problèmes ont été surmontés, la vie s’ouvre, les projets les plus fous sont possibles. Mais, attention, Le Diable marque la persistance d’une fragilité. Il ne faut pas l’oublier, la refouler, l’envoyer dans les ténèbres où Le Diable attend patiemment son heure. Par conséquent, la rigueur du Monde est nécessaire pour éviter cet écueil. Le Diable et Le Monde sont aptes à se parler à armes égales, ils se jaugent et s’estiment. Une entente est toujours possible. Le Monde à la gauche du Diable : tout s’apaise, Le Diable est sous le charme. À sa droite : Le Diable risque de sentir la situation lui échapper, et il n’aime pas ça. D’où un besoin de recentrer les choses, de clarifier certains points.

 

LE MAT : on ne peut fuir éternellement sa part d’ombre. Tôt ou tard, elle surgit, nous rattrape et souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Le Diable reçoit la visite du Mat comme un avertissement, une mise en garde. Laquelle se traduit en ces termes : « Il te faut à présent assumer tes actes, payer l’addition. » Selon la situation, ce peut être un passage délicat où l’intéressé(e) peut perdre gros. Il lui faut, et peu importe la gravité, accepter d’abandonner sa part, de lâcher prise. C’est seulement à ce prix que la libération aura lieu. Dans une relation, cela peut marquer l’heure d’un bilan. La vérité apparaît, incontournable, implacable. Il faut y faire face et jouer cartes sur table. Le Mat à la gauche du Diable : gare à la facilité, aux subterfuges qui font gagner du temps mais n’arrangent rien. À sa droite : on va vers des problèmes à coup sûr. Il y aura une solution mais elle aura un coût.

Fabrice Pascaud

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Commentaires : 9 commentaires

  1. Lucya dit :

    Merci Fabrice, très intéressant.
    je ne comprends pas pourquoi il est question ensuite de la Roue de Fortune qui rencontre d’autres arcanes dans un tirage et pas du Diable?
    Bien cordialement

    • Fabrice dit :

      Lucya
      pardonnez-moi, en effet, vous aviez raison, je viens de corriger ma monumentale erreur. Il s’agit du Diable et non de La roue de fortune, comme vous l’indiquez judicieusement. Merci pour votre lecture attentive. <3

  2. Gregorio Paredes dit :

    Gracias, Fabrice, tu trabajo es de gran ayuda para mi vida y actividad artística

  3. Dominique JOURDAIN dit :

    Ne voilà-t-elle pas “jetée en travers” (du grec dia-ballein) la figure qui permet, à la rencontre avec d’autres arcanes – ainsi que le montre Fabrice Pascaud -, la transgression ?
    Faut-il passer par le Diable pour trouver et exercer sa liberté ?

  4. Jacqueline dit :

    Merci Fabrice, toujours très intéressée par vos écrits qui apportent un PLUS en astrologie.

  5. Anna Bresciani dit :

    Merci Fabrice j’ai le plaisir de vous lire

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