En ce jour de ma 61e année sur terre, je procède à ce que j’appelle « un zoom arrière » une prise de recul. Les cinq cycles de Jupiter et les deux de Saturne sont à présent intégrés, du moins j’ose l’espérer (les certitudes sont faites pour les paresseux).

Hier, j’ai accordé un entretien à Sébastien Lilli (directeur et co-fondateur de l’INREES) qui m’avait gentiment invité à venir m’exprimer à propos de l’année 2022 (cet enregistrement sera diffusé le 1er janvier de ladite année sur le site éponyme). Sur le chemin du retour, devisant avec un chauffeur de taxi d’origine jamaïcaine sur les grandes années du reggae — musique qui a rythmé une bonne partie de mon adolescence — je continuais cependant par une gymnastique cérébrale de m’interroger tout en répondant au chauffeur fort sympathique. Les facéties du cerveau… Cette petite boîte crânienne qui en contient tant et reste encore si mystérieuse. Selon certains chercheurs en sciences cognitives, la conscience n’y siègerait pas, elle serait selon leur terme « délocalisée » ailleurs. Cet ailleurs vers lequel a tendu toute sa vie Rimbaud, ce passant considérable comme l’avait baptisé Mallarmé. Mais il s’agissait d’un autre ailleurs.
Je me remémorais l’entretien. Là j’aurais dû dire ça, là je n’aurais peut-être pas dû… l’autocritique nécessaire. Mais la vie, c’est ça aussi, l’authenticité qui s’exprime spontanément sans réserve aucune. Comme sur un chemin, on peut buter sur une pierre, s’arrêter et se dire qu’il eût été bon de regarder où l’on met les pieds, mais la marche doit se poursuivre, inlassablement.

Nouvel an

Bientôt, une nouvelle année va poindre, une année de plus. Et après… Oui, et après…

Nous serons sous le cycle Jupiter Neptune Poissons, un cycle à mon sens important car il s’inscrit à l’exact opposé de Saturne Uranus sous lequel nous sommes encore.
Comment allons-nous vivre, intégrer ce cycle Jupiter Neptune ? Comme je le répète souvent : si les cycles ont une valeur symbolique intrinsèque ils sont aussi ce que nous en faisons. À nous de savoir nous mettre en adéquation avec eux dans une vision ascendante.

Ce cycle est une belle promesse d’affirmation de notre part d’humanité, mais il peut aussi être la manifestation de belles illusions et désillusions au final. Comment ? Oui, comment allons-nous intégrer collectivement ce cycle ? Il symbolise précisément le pouvoir du rassemblement autour de valeurs communes. Il ne clive pas contrairement à Saturne Uranus.

Ce sera donc un rendez-vous considérable entre l’en haut et l’en bas. En effet, en l’espace de six ans, nous allons vivre la succession de trois cycles :

  • Jupiter Neptune 23° Poissons 12/04/2022
  • Jupiter Uranus 22° Taureau 22/4/2024
  • Saturne Neptune 0° Bélier 20/2/2026

Quel regard jeter sur ces cycles ? Essayons de s’inscrire dans leur succession.

2022 Jupiter Neptune : on se rassemble, inclination vers l’essentiel de ce qui constitue la vie, retour à la nature, à la vie sensible, spirituelle, etc. On essaie de renouer et de préserver le tissu humain qui a été si tristement maltraité. Le désir du lien se renforce. L’empathie reprend ses pleins pouvoirs. Naissance de nouveaux idéaux.
Préservation de la planète, la première préoccupation de la jeunesse et n’est-ce pas compréhensible, c’est leur futur qui est en jeu ? A quoi bon des milliards, du progrès technologiques si c’est pour vivre sur une planète meurtrie, en souffrance où nous serons condamner à éponger ses larmes en mêlant les nôtres aux siennes ?

2024 Jupiter quitte Neptune pour rejoindre Uranus en Taureau. Ce signe nous ramène au concret, c’est la terre nourricière (contrairement au cycle d’avant Jupiter Neptune Poissons qui n’a pas de racines, qui est dans une mobilité constante). Temps d’arrêt pour bâtir, concrétiser donc. Jupiter (chaud et humide) et Uranus (sec et chaud) ont en commun le chaud, une conjugaison calorique en force d’extraversion, d’ascension. Ce Cycle est profitable au libéralisme, à la finance avec le Taureau. Rapport aussi avec tout ce qui relève de l’agriculture, de la nourriture. Ce cycle donc devrait permettre de donner corps à ce qui aura pris élan sous le cycle Jupiter Neptune.
Disparition de l’argent en espèce pour laisser place à l’argent numérique, dématérialisé ? Il est certain aussi que la finance aura son mot à dire sous cette conjugaison planètes et signe.
Si l’on veut que la roue de l’économie tourne, il faudra vraisemblablement revoir ses mécanismes et apporter une nouvelle vision et organisation sur ce plan afin d’établir un équilibre pour le plus grand nombre. Sinon…

2026 Saturne Neptune. Après la présence de Jupiter, Neptune est rejoint par Saturne. Le réaliste (Saturne) et l’idéaliste (Neptune) réunis (pour faire court). Autrement dit ce sera l’heure de vérité, le principe de réalité symbolisé par Saturne vient confronter l’utopie l’idéalisme de Neptune à ses propres valeurs. Sont-elles fortes ou pas ? Peut-on miser sur elles pour l’avenir ? Ce cycle est à l’exact opposé du précédent : Jupiter Uranus. Celui-ci en phase ascendante joue sur le clavier de la prospérité capitaliste et l’autre joue sur cette majorité silencieuse que l’on oublie, laisse de côté, « les sans dents ». Elle joue en basse tonalité, phase descendante. Ce n’est pas un hasard si le cycle Saturne Neptune a ponctué la naissance du Marxisme, la révolution d’octobre, le communisme, la mort de Staline et la chute du mur de Berlin, sans vouloir forcer le trait, il y a un fil rouge indéniable.

Alors ? Me direz-vous

Je vais choisir le terrain constructif. Pourquoi ? Comme ce cycle sera encadré par deux sextiles adressés par Uranus et Pluton, il y a du soutien. Ce qui m’amène à penser qu’il y aura une phase nouvelle, révolutionnaire qui permettra à cette majorité oubliée de respirer, d’avoir le sentiment d’exister et de pouvoir enfin vivre plus décemment.

Si tel n’était pas le cas, cela pourrait marquer le soulèvement de cette majorité silencieuse qui ferait entendre sa voix remontant des couches profondes : révolution sociale contre un ordre (Saturne) mondial (Neptune). Gardons bien présent à l’esprit que ce cycle se forme dans le Bélier, signe de feu avec Mars, dieu de la guerre, comme planète ! Nous vivrons donc à ce moment-là une transition névralgique qu’il faudra aborder avec un grand discernement et une grande prudence.

Sur un autre plan d’analyse, cela peut aussi augurer de la convergence de la Science (Saturne) et du Spirituel (Neptune) ouvrant le futur sur une nouvelle humanité (ingres Bélier). La Science viendrait corroborer ce que disent les grands textes sacrés. Ce serait la concrétisation d’une merveilleuse utopie qui donnerait naissance à un nouveau paradigme, un nouveau lieu de vie étant donné qu’utopie signifie « absence de lieu ». Une mystique matérialiste ? Cela me semble peu recevable… pour le moment, mais qui sait ? L’entrée de Neptune en Taureau en 2039 sera-t-elle annonciatrice de la spiritualisation de la matière, de la terre mère ? L’homme reviendra aux valeurs sacrées auxquelles il tourne le dos actuellement.

Je partage ce lien qui présente ce livre : « Dieu, la science, les preuves » qui à mon sens préfigure cette future conjonction Saturne Neptune : lien ici

En guise de conclusion

Personnellement, je crois en cette présence insondable, invisible, subtile en chaque homme, quel qu’il soit, et que l’on appelle : l’âme. C’est elle qui contient notre humanité. Notre mental peut être colonisé, pollué, manipulé, conditionné, etc. Mais l’âme, quant à elle, est au-delà des contingences du monde phénoménal, intouchable puisqu’elle réside au plus profond de soi. Et c’est vers elle que nous devons tendre. Les textes sacrés, initiatiques disent qu’il faut abandonner, sortir du mental. C’est ce qui nous permettra de préserver notre fibre humaine dans un monde futur où la robotique, la haute technologie (transhumanisme) étendront leur pouvoir matériel. Nous ne pouvons empêcher ce monde car il est déjà en place et nous en sommes tributaires. Je vous rédige cet article que vous pouvez lire grâce à internet. Nier la présence de ce monde serait s’aveugler et ce n’est pas l’attitude des trois singes (ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire) qui nous aidera à comprendre et affronter ce monde futur. Mais notre part humaine devra imposer sa présence et ses pouvoirs d’expressions afin de ne pas muter en cyborgs psychiques dans un premier temps…

Je conclurai cet article en paraphrasant Marguerite Duras : il y aura toujours un homme quelque part, un homme pour rêver et regarder la mer. Et tout repartira.

Préparons-nous, dès à présent, à cheminer à côté de cet homme.

Fabrice Pascaud